«Ma mère travaille au Centre et elle m'encourageait d'y aller. Pour ma part, je ne voyais vraiment pas ce que je pourrais faire dans un endroit comme celui-là. En plus, je ne comprenais pas ce qu'il avait à offrir, ce que je pourrais en retirer. Par contre, je voulais améliorer mon français. J'ai donc enfin décidé de me rendre au Centre pour voir ce qui en était.» Au cours des mois d'été, Tabatha et trois autres adolescentes ont participé à des sessions portant entre autres sur la prévention du suicide et le sexe. «C'est un programme qui mettait l'accent sur l'interaction. En plus d'assister à des présentations, on avait la chance de monter de courtes pièces, ce qui m'a permis de pratiquer mon français tout en apprenant.» Dans le cadre du programme d'été, les adolescentes ont aussi participé à un programme dont le but était de nettoyer les plates-bandes du centre-ville de Sudbury. Une fois par semaine, elles se rendaient également à la Place Champlain, une résidence pour personnes âgées. «On allait prendre des marches avec les résidents, on apprenait à mieux les connaître. Ensemble, on a participé à un programme de tricot. Dans mon cas, j'ai aussi offert d'enseigner le piano à celles que ça intéressait. C'est là que j'ai découvert que j'aimais travailler avec les aînés. De mon côté, j'ai trouvé qu'on se comprenait bien et que je pouvais aider. De leur côté, je pense que ça leur faisait du bien, non seulement parce que ça leur permettait de faire de l'exercice physique, mais aussi parce que ça leur permettait des sorties, parce que ça leur permettait de rencontrer des jeunes gens, de se faire de nouvelles amies et de se sentir moins isolés.»
Selon Tabatha, il existe des liens étroits entre sa génération et les personnes du troisième âge. «Je pense qu'on a beaucoup de choses à s'offrir et qu'il serait dommage de ne pas en profiter. Dans mon cas, c'est grâce au Centre de santé communautaire que j'ai pu me rendre compte à quel point on avait des choses en commun, à quel point on pouvait se comprendre et partager des choses, des expériences de vie. À mon arrivée, mon français n'était pas tellement bon. Je ne disais presque jamais un mot par peur de faire des fautes, de me tromper. Le fait de travailler avec des aînés francophones m'a donné confiance. Ça m'a aussi donné le goût de poursuivre. Je pense que c'est important pour mon avenir, que ça peut m'ouvrir des portes. Les gens avec qui je travaillais ne m'ont jamais jugée. Ils étaient patients avec moi. C'est la même chose avec les gens qui travaillent au Centre. Ils sont très chaleureux, très ouverts.» Outre son travail auprès des aînés, Tabatha a participé à la production du journal du Centre de santé communautaire, une publication mensuelle dont le but est de mieux faire connaître les services et les programmes offerts à la communauté. Quant à l'avenir, elle aimerait bien poursuivre son travail avec les aînés francophones, peut-être même participer à l'élaboration de nouveaux programmes avec et pour eux.
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