On a souvent reproché à l'urbanisation plusieurs des grands maux de notre société moderne. Pauvreté, isolement, malnutrition et manque de fierté et de motivation ont souvent été imputés à la vie urbaine caractérisée par la grisaille du béton et le manque d'espace et de verdure.

C'est dans le but de donner accès à la terre à des gens qui n'en avaient pas que le Centre de santé communautaire de l'Estrie de Cornwall a semé avec la participation de divers autres partenaires, l'idée des jardins communautaires. La stratégie de base était d'initier les jeunes enfants francophones au jardinage pour éventuellement y attirer des familles francophones dans ces jardins où se grefferaient, avec le temps, toute une grappe d'activités susceptibles de répondre à plusieurs carences identifiées dans le milieu local.

L'occasion de permettre à des familles vivant en appartement de pouvoir cultiver leurs propres légumes était, pour les concepteurs du projet, plus qu'une occasion de leur fournir des produits alimentaires de qualité. Afin de résoudre les problèmes au niveau alimentaire, résultant du manque de légumes frais tel qu'identifié par une nutritionniste du centre, il fallait aussi sensibiliser les familles à l'importance des légumes dans une alimentation équilibrée.

La création d'un jardin où les enfants produiraient eux-mêmes des légumes dont ils seraient fiers était vue comme une occasion idéale de donner des cours sur l'intégration des légumes dans l'alimentation et sur la mise en conserve des produits maraichers. Le Centre ne prétend pas avoir inventé le concept. C'est une idée transplantée d'ailleurs qui a pris racine et qui après trois ans, commence à porter des fruits de plus en plus diversifiés.

C'est une initiative qui n'aurait certes pas pu se développer aussi rapidement sans l'implication des partenaires naturels qui s'y sont associés avec empressement et enthousiasme. Partir d'un bon pas, desservant une clientèle d'enfants francophones était un allié naturel pour la mise en oeuvre de cette initiative puisqu'il s'agissait, au départ, de recruter des familles francophones intéressées.

Le comité consultatif du maire pour un mode de vie sain était, lui aussi, un choix naturel, puisque le Centre désirait obtenir l'accès à du terrain appartenant à la ville pour y créer les jardins proprement dits. Comme c'est le cas pour toutes les initiatives nouvelles, il y a eu certaines réticences au départ. Il a fallu que les gens voient le bateau complètement bâti avant de vouloir y monter.

Après seulement trois ans d'existence, il y a maintenant deux jardins: un situé dans le parc Lamoureux où on affiche complet et où il y a maintenant une liste de jardiniers en attente et un autre sur l'avenue Brookdale qui s'est bien développé, malgré la sécheresse de l'été 1997. Les statistiques les plus conservatrices démontrent que plus de 400 enfants sont passés par ce projet qui implique, à l'heure actuelle, 5 écoles, 20 familles, 22 jardiniers et 14 lots de jardinage au parc Lamoureux.

Plusieurs activités se sont greffés à ce projet et d'autres s'y ajouteront dans l'avenir de sorte à amplifier son impact dans la communauté. Il est tout naturel pour les initiateurs de croire que ces activités additionnelles accroîtront la participation des enfants et des familles dans les années à venir.

Lors de camps de jour tenus au cours des vacances scolaires, des enfants impliqués dans les autres activités de "Partir d'un bon pas" ont effectué la visite des jardins et les animatrices en ont profité pour leur glisser quelques notions intéressantes sur la nutrition.

Dans le domaine scolaire, on en profite durant toute l'année pour utiliser les services des animatrices scolaires pour transmettre les termes de vocabulaires reliés au jardinage et à l'alimentation. On y introduit également diverses notions de sciences naturelles alors que, dès le mois de février, les enfants partent leurs petits plants qui seront transplantés plus tard au printemps. Ils peuvent ainsi suivre le cycle complet de la croissance des légumes qu'ils retrouvent dans leur assiette.

A l'automne, on a organisé des ateliers sur la mise en conserve des aliments apportant ainsi à la clientèle des moyens de pouvoir consommer des aliments sains à longueur d'année sans déborder de leur budget alimentaire.

Attendu que l'isolement constitue pour plusieurs personnes, un problème important, les concepteurs du projet ont pensé que ce serait une occasion pour certains de socialiser et d'échanger des trucs de jardinage, ce qui, éventuellement, pourrait donner naissance à un petit réseau d'amis francophones ayant un intérêt commun.

Le Conseil de développement social de l'Ontario avait versé une subvention de démarrage de 10,000$ embauche d'une animatrice et achat d'équipement et de cabanon de rangement subvention décroissante pour trois ans total de 24,000$ en trois ans temps consacré par le Centre de santé et le projet "Partir d'un bon pas".

Projet beau, simple, contribuant à l'embellissement de la ville et à l'assainissement des attitudes.

 

Sites Utiles:

Nutrition Service Informatise Sur La Nutrition De Santé Canada

Plan D'action National Sur La Nutrition De Santé Canada

Recommandations Alimentaires Pour La Santé

Les Diététistes Du Canada

Centre de Ryerson pour les études dans la sécurité de nourriture

Autres Sites